L’empreinte environnementale du numérique et les transitions agricoles

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Mon passage à Bordeaux pour les 10 ans de la Chaire AgroTIC (16 décembre 2025) a été l’occasion de revenir sur quelques rapports récents sur le sujet des transitions environnementales en agriculture accompagnées par l’outillage numérique.

Retrouvez mon intervention (et mes quelques grands messages de conclusions pour tenter de prendre du recul)

  • Thèse de Clémence Huck : En utilisant des approches d’ACV (Analyses en Cycle de Vie), Clémence montre que l’empreinte d’un outil numérique ou d’un système technologiques embarquant plusieurs outils numériques est d’un ordre de grandeur inférieur à celui du système agricole dans lequel cet outil ou système est intégré. Cette thèse rejoint des conclusions générales sur la place du numérique dans les secteurs économiques : un impact faible en relatif mais une présence globale et dans tous les interstices. Toujours dans sa thèse, Clémence émet l’hypothèse que l’empreinte d’un outil numérique dans un système agricole est d’autant plus faible que le modèle agricole a été adapté au fonctionnement de l’outil (sous la forme d’une co-évolution).
  • Thèse de Pierre La Rocca : En proposant de changer d’échelle de travail (c’est-à-dire en raisonnant le déploiement d’outils numériques à l’échelle de la France entière et non pas d’une parcelle ou d’une ferme), Pierre soulève de nouvelles questions intéressantes. Pierre montre déjà que l’empreinte énergétique et environnementale d’un système numérique agricole augmente avec sa complexité technologique. Et il propose d’évaluer l’empreinte d’un scénario global de déploiement (cas d’étude sur des colliers connectés en bovins et en robotique de désherbage) en imaginant une implantation d’outils numériques différencié en fonction de la taille des fermes françaises (sous l’hypothèse que les fermes les plus grosses adopteraient des systèmes technologiques plus complexes). En prenant l’exemple des robots de désherbage, Pierre s’intéresse ensuite à la saturation des réseaux mobiles qu’engendrerait un déploiement massif de robots sous différents scénarios de flux de données associés aux robots.
  • Rapport IT4Green de l’ADEME (que j’ai aidé à cadrer) : Après avoir simulé la mise en place d’un système de modulation intra-parcellaire de l’azote en parallèle de l’intégration de légumineuses dans les couverts et rotations, les auteurs expriment que les gains du système numérique de modulation sont inférieurs à ceux des pratiques agronomiques, mais que ces deux innovations (technologiques et agronomiques) ne sont pas incompatibles.
  • Rapport du Shift Project 2024 (que j’ai co-rédigé) : Ce rapport ne s’intéresse pas exclusivement aux technologies numériques mais bien à la place de l’innovation technologique dans son ensemble. Nous mettons notamment en avant qu’il n’y a pas une mais DES technologies agricoles et qu’il est nécessaire d’être extrêmement précis lorsque l’on évoque l’implantation d’une technologie sur une ferme (quel contexte de production, quelle technologie etc.). Nous discutons également des impacts directs, indirects et systémiques qu’il apparait nécessaire de questionner avant de déployer une technologie sur le terrain.

Le programme de la journée est ici : https://www.agrotic.org/page-ressources/seminaires/recolter-hier-imaginer-demain-regards-croises-sur-10-ans-de-numerique-pour-lagriculture/


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